3 mai 2020

En préambule, nous espérons vivement que vous et vos proches ne souffrez pas ou n'avez pas eu à souffrir de cette saleté de virus qui est encore parmi nous. Chapeau bas à tous les personnels de la filière santé et à tous ceux qui œuvrent et ont œuvré durant cette période très difficile. 

" En pleine contestation du mouvement des Gilets Jaunes, au tout début du mois de décembre 2018 un petit groupe de personnes dont je faisais partie à décider de compléter les actions de terrain en demandant à la population ce qu’elle souhaitait vraiment en termes de réformes. Le fameux Grand Débat si cher à Emmanuel Macron et à la REM n’était à ce moment-là, évoqué par personne. Pour essayer de matérialiser ce que disait la contestation grandissante, nous avons conçu un questionnaire tout d’abord à quelques-uns et puis il s'est ensuite enrichi avec la contribution d’environ 500 personnes de tous âges et de professions très diverses pour en arriver à 67 propositions regroupées dans 5 grands thèmes. Ce questionnaire, nommé Consultation Nationale Citoyenne, a été soumis dans un premier temps à la population du département de l’Aude et au prix d’un gros travail d’information et de diffusion a été adopté par des collectifs de 38 autres départements. Tout le monde n’ayant pas démarré l’enquête en même temps, certains groupes ont terminé leur démarche fin mars 2019 d’autres l’ont poursuivie jusqu’à fin juin 2019. Au terme de cet immense travail, 107 155 personnes ont été interrogées physiquement et ont remplies un questionnaire papier qui a permis de classifier un peu plus de 1 300 000 propositions.

Pour des raisons trop longues à détailler ici, si les résultats de notre département ont été publiés dans la presse et remis en main propre au Président du Conseil Départemental de l’Aude qui a bien voulu nous recevoir, les résultats globaux n’ont pas été communiqués ni exploités. Ce manque de relais médiatique est en grande partie de notre fait car nous avions été conviés sur des plateaux TV à la fois de grandes chaînes nationales ainsi que sur des chaînes infos, nous avons à chaque fois décliné ces propositions parce que nous considérions que nous n'étions pas représentatifs des dizaines de milliers de personnes que nous avions interrogées. Quand on mesure l’investissement personnel et le travail colossal qu’il a fallu abattre (bénévolement), on peut le regretter mais c’est ainsi.

Néanmoins, cette expérience inédite qui pourrait avoir un gout d’inachevé ne s’est pas arrêtée là. Dans un premier temps, elle nous a conforté dans l’idée que le mouvement des GJ avait été un détonateur, qu’il reflétait en fait un grand nombre de préoccupations qui étaient majoritaires dans la société civile et qu'une partie très importante de la population souhaitait une autre forme de politique pour changer en profondeur la société.

Très tôt il est apparu à certains d'entre nous (dont j'étais) que la solution ne pouvait être que politique malgré le fait que ce vocable étant considéré par beaucoup comme dérangeant voire insultant !?...   

Quoi qu'il en soit, la dimension de cette démarche est absolument évidente, et il nous apparaît aujourd’hui comme hier qu’il n’y a pas d’autre solution que de faire de la politique mais d’une manière diamétralement opposée à celle que nous connaissons depuis trop longtemps. Ce n'est pas une voie facile, surtout lorsque l'on a conscience que l’oligarchie, les gouvernants, la presse, les instituts de sondage ne vont pas forcément faciliter notre émergence. Ce n'est pas une voie facile, mais c'est la seule ! Pour réussir il faudra réunir plusieurs conditions dont la principale sera de faire nombre. Souhaiter profondément des changements sociétaux radicaux, manifester ou faire grève pour le faire savoir n'est pas inutile, loin de là, mais cela ne suffit pas pour modifier fondamentalement les choses. 

Quelle pourrait être cette nouvelle forme d’action politique ? Elle pourrait (peut être ?) ressembler à quelque chose comme cela :

1)  un programme électoral élaboré non plus par un bureau directeur ou des lobbies mais par la population dans toutes ses composantes.

2)  des propositions de lois conçues dans l'intérêt commun et plus seulement pour quelques privilégiés.

3)  un(e) candidat(e) à l'élection présidentielle et des députés choisis par nous tous, pour porter un programme co-écrit par les citoyens lors des prochaines échéances de 2022. Condition impérative : un casier judiciaire vierge (il est prévu de définir les condamnations excluantes, ou pas, dans une proposition de loi). Le (la) candidat(e) choisi(e) devra s'engager formellement à ne pas former un gouvernement avec des membres présentant un risque de conflit d’intérêt ou ayant fait l'objet d'une condamnation.

4)  ne nous demandez pas si nous avons des préférences pour telle ou telle personne connue ou pas, non seulement nous n'en avons pas mais de plus ce n'est pas à nous de dire qui pourrait porter ce programme que nous allons mettre au point ensemble, chaque circonscription le déterminera en temps voulu. Et au fond, peu importe qui le portera ce programme puisqu'il reflétera la volonté des citoyens.  

5)  toutes celles et ceux qui partagent cette vision sont les bienvenus, toutefois, sachez que si envisageons de matérialiser une vision politique nouvelle, nous n'appartenons ni de près ni de loin à aucun parti. Adhérer à un parti politique est très simple, si nous pensions qu'un parti existant soit en capacité de représenter le plus grand nombre, de rassembler un large éventail de citoyens en œuvrant pour le bien commun, en ayant des chances de réussir à accéder au pouvoir en 2022 pour changer vraiment cette société inique, nous ne serions pas ici.  

Entre les abstentionnistes, les votes blancs, celles et ceux qui votent plus par réaction que par conviction, les non-inscrits, il semble qu'il y a largement de quoi être majoritaire dans ce pays.

Ce mouvement politique doit pouvoir rassembler des personnes issus du secteur public comme du privé, actifs et retraités, ouvriers, employés, agents de maîtrise, cadres, artisans, commerçants, agriculteurs, artistes, personnes en recherches d'emploi, professions libérales, chefs d'entreprises, qui partagent la même soif de justice sociale et fiscale. Il ne doit pas oublier non plus les personnes handicapées ou en invalidité ni celles qui "survivent" avec les minimas sociaux. Avec un panel sociétal très large, un esprit d'ouverture et de consensus, il semble possible de mener un tel projet à son terme avec des chances de succès."

Michel Maury    

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